Qu’est-ce que la kératine ?

 

KERATINE-TROIS-COUCHES
Cuticule, cortex et mœlle : les trois différentes couches d’un cheveu vu en coupe

 

EN BREF

La kératine est la matière première de nos cheveux, elle représente 97% de leur composition finale. Est-ce un organe vivant ou un organe mort ?  Est-elle fragile ou manipulable à l’infini ? Sa structure complexe ne se laisse pas facilement dompter…

FORMATION DU CHEVEU ET KÉRATINISATION

La kératine est produite par les kératinocytes, les cellules constitutives du cheveu*, elles-mêmes alimentées par le sang de la papille. Situées dans la matrice, au fond du follicule pileux, ces cellules se divisent en cellules filles, pendant toute la phase anagène du cycle de vie d’un cheveu. Le ballet des kératinocytes est incessant, keratinocytes-follicule-pileuxremarquablement orchestré et sans merci… À peine formées, les cellules filles se dédoublent aussitôt, évincent les précédentes, leur font perdre leur noyau, les font mourir et se rigidifier, en les repoussant vers le haut. Puis elles meurent à leur tour pour laisser place aux suivantes. Cette reproduction de cellules s’opère en un temps record, le plus rapide de l’organisme, entre 24 et 72 heures. La kératine naît de ce stockage de cellules mortes qui durcissent (kératinisation) et remontent inlassablement le long du follicule pileux (flèches rouges), pour former en surface le cheveu tel que nous le voyons. D’entrée de jeu, nous constatons que nous avons affaire à une matière morte, qui a perdu toute vie, dès l’instant où elle a été fabriquée par la racine pilaire. Cette mort a son corollaire :  nous pouvons manipuler à volonté la kératine de nos cheveux, sans réaction douloureuse de notre part et donc sans garde-fou en quelque sorte. Ce qui ne veut pas dire, sans dégâts pour les différentes couches de kératine qui forment la structure du cheveu !

* Des tests cliniques, conduits en 2013 et 2014 par le docteur en biologie moléculaire S. Morot pour le Centre Clauderer, ont montré que le taux de croissance de ces cellules productrices du cheveu étaient plus que doublé avec le Sérum Clauderer 6R

STRUCTURE DU CHEVEU

Vu en coupe, le cheveu comprend trois couches concentriques de kératine. À l’extérieur, La cuticule consiste en une fine enveloppe de protection. Au milieu, Le cortex, « écorce » intermédiaire et partie la plus robuste du cheveu, représente 90% de son poids total. Au centre, la moelle.

 

 LA CUTICULE. Elle est composée d’écailles, faites de plaques de kératine minces et ultra plates, empilées les unes sur les autres, à raison de plusieurs couches étroitement juxtaposées, à la manière des tuiles d’un toit. Verticalement, ces écailles iront s’imbriquer tête-bêche dans d’autres écailles, celles de la gaine interne du follicule pileux, tournées vers le haut. Leur imbrication les unes dans les autres permet à la tige pilaire de remonter, tel un train à crémaillère, et de croître le long du follicule. Horizontalement, les écailles de la cuticule sont reliées entre elles par des céramides, substances huileuses et précieuses, principalement constituées d’acides gras essentiels. Situés sur et entre les écailles, les céramides ont une triple fonction :

tuile-toit

cuticule-macro-Clauderer-3

  1. Fonction Ciment. Les céramides forment la matière qui scelle entre elles les écailles de la cuticule, comme le ciment rassemble les briques d’un mur. Ainsi « maçonnée », les écailles offrent une surface lisse, qui permet au cheveu de se protéger contre les agressions extérieures et de refléter la lumière (effet de brillance).
  2.  Fonction Barrière. Les céramides empêchent l’eau qui se trouve à l’intérieur du cheveu de s’échapper.
  3. Fonction Éponge. Les céramides peuvent aussi absorber une certaine quantité d’eau venant de l’humidité de l’air, afin de maintenir une hydratation régulière de la tige pilaire.

 

macro-keratine-cheveuLE CORTEX. Dans le cortex, la kératine est constituée de 2 sortes de fibres, les unes verticales, les autres horizontales.
Verticalement, on trouve de multiples écheveaux de protéine, encastrés les uns dans les autres, comme des poupées russes, avec : des macrofibrilles, lesquelles sont elles-mêmes faites de plusieurs milliers de  microfibrilles, lesquelles sont à leur tour assemblées en  protofibrilles (fibrilles primitives). Les chaines, torsadées comme des ressorts, suivent l’axe du cheveu et lui confèrent son élasticité. Elles n’évoluent pas dans le vide…
Horizontalement, ces chaines de protéine sont scellées les unes aux autres par des molécules de soufre, les ponts disulfures.

Ces ponts confèrent aux chaînes leur rigidité et leur cohérence. Le terme de « pont » n’est pas pris au hasard, il traduit la solidité de cette seconde sorte de protéines, impossible à modifier autrement que par une intervention chimique externe qui va devoir les détruire temporairement, si l’on veut changer la forme du cheveu.

Dans la constitution de la kératine, ces acides particuliers sont principalement représentés par la cystine. Véhiculée par le sang jusqu’à la racine du cheveu, celle-ci requière un apport de zinc et de vitamine B6 pour être synthétisée.

Cystine + Zinc + Vitamine B6, vous retrouverez ces 3 éléments dans tous les compléments alimentaires visant à renforcer la vigueur des cheveux  Les ingrédients vitaminiques pour les cheveux

 

LA MOELLE. La moelle ressemble à un grand tuyau. Constituée de cellules sans noyau, elle ne joue aucun rôle (contrairement à ce que l’on pourrait croire) sur la vitalité du cheveu.

LES MANIPULATIONS COSMÉTIQUES DU CHEVEU

C’est à partir de sa structure la plus intime, celle des protofibrilles de la kératine, que l’on peut changer la couleur ou la forme naturelle d’un cheveu pour le teindre, le raidir ou au contraire le friser. Explication…
keratine-ponts-disulfures
Chaque protofibrille est constituée de deux fois deux chaînes de kératine qui se présentent en spirales (croquis ci-contre). La cohésion de l’ensemble est assurée par des liaisons chimiques, qui assemblent les molécules entre elles et vont donner au cheveu sa résistance à la cassure. Ces liaisons sont, elles aussi, de deux sortes : 1° Les liaisons d’hydrogène et salines dites faibles (en vert), facilement modifiables sous la simple action de l’eau et de la chaleur, 2° Les liaisons de soufre dites fortes (en orange).

 

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Pour un brushing, des plaques chauffantes ou un lissage brésilien, il suffit de rompre les liaisons faibles de la kératine, et de les reconstituer différemment, par une action thermo-mécanique. Le lissage obtenu sera temporaire, les ponts disulfures restés intacts, obligeant le cheveu à reprendre, plus ou moins vite, sa forme naturelle.

 

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Pour un lissage japonais ou un défrisage, ce sont les ponts disulfures qu’il faut briser. L’opération est loin d’être anodine car il faut détruire  la charpente initiale de la kératine et lui en imposer une autre, plus légère et de raideur permanente. Le cheveu y perdra de sa solidité et sera plus vulnérable à la cassure. Cf. Les techniques du défrisage

 

Suite  Les propriétés de la kératine

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