La calvitie est-elle bien héréditaire ?

Hérédité et calvitie
La calvitie est-elle bien héréditaire ?

Le terme “calvitie” vient du latin “calvus” qui signifie “chauve”. Elle touche plus de 13% des Français, à raison d’une personne sur 4 chez les hommes, contre seulement 2 % des femmes. La calvitie décrit donc un état le plus souvent définitif. L’alopécie androgénétique désigne quant à elle une prédisposition héréditaire. Elle se manifeste soit par une perte excessive de cheveux, soit par un renouvellement insuffisant des cheveux qui tombent. La calvitie est donc le stade ultime de l’alopécie androgénétique: sur une ou plusieurs zones, le crâne est devenu chauve. D’où vient la calvitie, quelles sont ses causes, les symptômes à ne pas négliger ainsi que les différents types de traitement possibles ? Les réponses dans les lignes qui suivent.

Définition d’une calvitie héréditaire ou calvitie génétique

La calvitie héréditaire est la conséquence de l’alopécie androgénétique. C’est la cause la plus courante de perte de cheveux. Elle est provoquée par une sensibilité génétique des follicules pileux à l’hormone dihydrotestostérone (DHT). Lorsque cette hormone entre en contact avec le follicule pileux, le cycle de vie du cheveu est immédiatement perturbé et a tendance à s’accélérer. Les cheveux tombent et se renouvellent à une vitesse plus élevée et les nouveaux cheveux sont plus fins que ceux qu’ils viennent remplacer. La chevelure s’appauvrit..

Il faut tout de même savoir que le nombre de cycles pilaires des follicules pileux reste toujours limité. Lorsque le nombre maximal de cycles de renouvellement est atteint, les cheveux cessent tout simplement de pousser. Ce qui se traduit par une apparition progressive de la calvitie héréditaire.

L’accélération du cycle de vie du cheveu s’accompagne également d’un excès de sébum. Un cuir chevelu épais empêche les vaisseaux sanguins d’irriguer correctement les racines, provoquant rapidement la perte des cheveux.

D’où vient la calvitie héréditaire ?

Depuis toujours, le problème de calvitie androgénétique est associé à la sécrétion naturelle d’une hormone mâle,la testostérone, qui se transforme localement en dihydrotestostérone. Par conséquent, le cycle de vie du cheveu s’accélère jusqu’à ce que le follicule pileux soit rétréci et inactif.

Certains travaux démontrent le rôle du patrimoine génétique paternel. L’étude menée par les équipes du Professeur Markus Nöthen en 2008 parue dans la revue Nature Genetic indique en effet qu’un emplacement sur le chromosome 20 aurait un effet sur le caractère précoce de la calvitie chez les hommes. L’hypothèse selon laquelle l’alopécie androgénétique se transmet de père en fils n’est donc pas à écarter.

L’étude arrive même à une conclusion selon laquelle les individus qui ont les deux gènes à risque du chromosome 20 et du chromosome X ont sept fois plus de risques de développer une calvitie génétique.

Considérée jusqu’à ce jour comme la plus étendue jamais réalisée, l’analyse génétique menée par Saskia Hagenaars et David Hill de l’Université d’Édimbourg, en Écosse, révèle en revanche que 287 groupes de gènes sont liés à la calvitie. D’après cette étude effectuée sur 52 000 hommes, dont les résultats ont été publiés dans la revue américaine PLOS Genetics, il s’avère que le patrimoine génétique maternel a aussi une influence sur la perte des cheveux.

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Les symptômes d’une calvitie héréditaire

À la différence d’une perte de cheveux classique, l’alopécie androgénétique se développe sur plusieurs phases. Chez l’homme, la calvitie débute au niveau des tempes et se développe progressivement vers les golfes frontaux. La perte de cheveux héréditaire s’étend ensuite au niveau du toupet, c’est-à-dire la partie qui se situe au-dessus du front, avant de se poursuivre sur l’intégralité du front.

Echelle d'hamilton (alopécie)
Echelle d’Hamilton (alopécie)

La zone qui se trouve au sommet du crâne, à savoir la tonsure, se dégarnira petit à petit. L’appauvrissement capillaire prend fin au niveau du tourbillon, c’est-à-dire au niveau de la zone qui se situe à l’arrière du crâne. Les cheveux qui résistent à la calvitie héréditaire forment généralement une sorte de couronne qui débute derrière les oreilles et enveloppe l’arrière du crâne.

Par contre, l’alopécie androgénétique est le plus souvent moins marquée chez la femme. La perte de cheveux se manifeste couramment au-dessus de la tête, mais il n’est pas rare qu’elle apparaisse à différents endroits du cuir chevelu. Dans de nombreux cas, la perte de cheveux survient lors de bouleversements hormonaux comme la grossesse ou la ménopause, notamment lors du ralentissement de la production d’œstrogènes.

Calvitie non héréditaire : les causes

Plusieurs facteurs sont à l’origine d’une calvitie non héréditaire. Provoquant une chute de cheveux importante et rapide, l’alopécie aiguë intervient entre autres après un traitement médicamenteux, un stress particulièrement intense, une carence alimentaire ou une maladie.

Touchant beaucoup d’hommes et de femmes, l’alopécie séborrhéique reprend les caractéristiques d’une alopécie androgénétique. La production excessive de sébum rend le cuir chevelu particulièrement épais et étouffe le cheveu jusqu’à ce qu’il tombe.

Se présentant sous forme de pelade, l’alopécie cicatricielle touche plusieurs endroits du crâne. La perte de cheveux est due à des facteurs externes ou des traumatismes, comme une maladie virale ou infectieuse, des mycoses, une dégénérescence du métabolisme ou des agressions extérieures (une grande brûlure, une radiodermite…).

D’autres facteurs peuvent aussi provoquer une calvitie non héréditaire. La perte de cheveux est assez fréquente lors d’un changement de saison. En stimulant la production d’hormones androgènes par les glandes surrénales, le stress dû à une pression quotidienne ou un choc psychologique est aussi responsable de la chute des cheveux. Les carences alimentaires provoquées par les régimes permanents, les régimes draconiens ainsi que les troubles de l’alimentation comme l’anorexie sont également susceptibles de favoriser la calvitie.

Existe-t-il une solution ou un traitement efficace contre la calvitie héréditaire ?

Les traitements médicamenteux

Aujourd’hui, deux types de traitements médicamenteux sont utilisés pour limiter l’alopécie androgénétique. Le Minoxidil, sans que son mécanisme d’action soit réellement connu a pour effet régulièrement décrit de prolonger la durée de la phase de croissance du cheveu (phase anagène).En conséquence de quoi, la perte de cheveu serait ralentie puisque les cheveux auraient une durée de vie allongée.>. Ce médicament se présente sous la forme d’une solution concentrée à 2 ou 5 % à appliquer une à deux fois dans la journée sur le cuir chevelu. Les premiers résultats sont décrits comme “visibles” après 4 à 6 semaines de traitement contre la calvitie héréditaire.

Commercialisé sous le nom de Propecia, le finastéride est en revanche un médicament à prendre par voie orale. Ce type de traitement limite les effets néfastes de la testostérone>. Il maintient les cheveux dans 80 % des cas. Il favoriserait même la repousse après 6 mois de traitement.

La mésothérapie

La mésothérapie a pour objectif de revitaliser l’activité capillaire. Il s’agit d’une technique qui consiste à injecter des polyvitamines au niveau du derme du cuir chevelu afin de nourrir le follicule pileux en profondeur. Aujourd’hui, de plus en plus de médecins esthétiques se forment sur l’injection de PRP ou Plasma Riche en plaquettes pour permettre de retrouver une chevelure beaucoup plus épaisse.

Les microgreffes

Les microgreffes sont une solution chirurgicale qui vise à restaurer la densité capillaire. Avec la technique de l’implant capillaire, le praticien découpe une bande de cuir chevelu sur la partie arrière de la tête en vue de prélever quelques follicules pileux qui seront replantés sur les zones dégarnies.

Les réponses à vos questions sur la calvitie héréditaire

Est-ce que la calvitie est héréditaire ?

La calvitie est très majoritairement héréditaire. Elle peut provenir aussi bien du patrimoine génétique du père que de celui de la mère ou encore d’ascendants antérieurs (grands-parents). La calvitie peut aussi ne pas être héréditaire. Il s’agit notamment de l’alopécie aigüe due à un stress assez intense, de l’alopécie cicatricielle qui touche plusieurs zones du crâne ou de l’alopécie séborrhéique.

Comment se transmet la calvitie ?

Depuis toujours, il a été considéré que la perte de cheveux héréditaire se transmet de père en fils. Une hypersensibilité des follicules pileux à l’action d’une hormone mâle (la testostérone qui se transforme localement en dihydrotestostérone) serait à l’origine de cette calvitie. De récentes études menées en Écosse démontrent cependant que le patrimoine génétique maternel peut aussi être à l’origine de l’alopécie androgénétique.

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