centre Clauderer

Prise de médicaments
et chute des cheveux, chez l'homme


EN BREF
Nous sommes de plus en plus médicalisés et les alopécies dues à la prise de médicaments n'ont cessé de progresser depuis les cinquante dernières années. Les subtances médicamenteuses arrivent par le sang au niveau des cellules de reproduction du cheveu. Lorsqu'elles sont nocives pour la chevelure, l'intensité de leur action dépend des doses prescrites, de la durée du traitement, du terrain de la personne concernée et de sa sensibilité aux problèmes capillaires.

SOMMAIRE

Trois sortes d'alopécies médicamenteuses
Importance du diagnostic
Familles de médicaments incriminées
Liste rouge des médicaments

 


Trois sortes d'alopécies médicamenteuses

1. L'effluvium télogène, le plus courant
En terme médical, effluvium télogène signifie qu'une quantité de cheveux plus importante que de coutume entre en phase de renouvellement. Autrement dit, la durée de vie de ces cheveux va être écourtée, sous l'effet nocif du médicament. Les cheveux vont commencer à tomber, dans les 2 à 4 mois qui suivent le début de la prise du médicament. La chute des cheveux sera diffuse, sur l'ensemble du cuir chevelu, réversible à l'arrêt du traitement mais récidivera si celui-ci est repris.

2. L'effluvium anagène
Il induit une alopécie généralement plus rapide et plus sévère. Ici, la substance médicamenteuse stoppe brusquement le développement du cheveu, alors qu'il est en pleine phase de croissance. L'effluvium anagène concerne essentiellement les produits prescrits pour les chimiothérapies anticancéreuses (FAQs chimiothérapie et chute des cheveux). Comme dans le cas précédent, la chute est réversible à l'arrêt du traitement et récidive si celui-ci est repris.

3. Les chutes de type androgénétique
Une troisième catégorie concerne les substances "androgénisantes", contenues dans certains traitements hormonaux ou corticoïdes. Ces substances, chez les sujets prédisposés, peuvent déclencher ou aggraver une alopécie androgénétique. Pour rappel, cette alopécie se caractérise par un rétrécissement des follicules pileux sensibles aux androgènes, un affinement et une perte localisée et très progressive des cheveux.

 

Importance du diagnostic

Avant d'accuser un médicament, il convient de s'assurer :

- Que la chute de cheveux coïncide bien, dans le temps, avec celle de la prise du médicament.

- Que ce n'est pas la maladie elle-même, ou le stress qu'elle engendre, qui se trouve à l'origine de la chute, mais bien le traitement lui-même. Dans ce cas, il faut demander à son médecin s'il est possible de remplacer ce traitement (ça l'est parfois) par une autre molécule, sans incidence sur la chute des cheveux.

- Que la substance incriminée est dûment répertoriée comme nocive pour la santé des cheveux. Certaines molécules présentent un effet négatif indéniable et quasi systématique, d'autres ont un effet certain mais moins systématique, quant au nombre de cas recensés. D'autres enfin sont controversées, n'ayant fait l'objet que de cas isolés. Un diagnostic approfondi des cheveux est recommandé, en cas de doute.

 

Familles de médicaments incriminées

Le tableau ci-dessous regroupe les principales familles de médicaments parmi lesquelles certaines molécules sont susceptibles de déclencher une alopécie.

 

FAMILLES THÉRAPEUTIQUES

TYPE
D'ALOPÉCIE

Anticoagulants :
pour rendre le sang plus fluide

effluvium télogène

Antidépresseurs

effluvium télogène

Antiépileptiques/anticonvulsivants :
pour diminuer l'activité du système nerveux central

effluvium télogène

Antihypertenseurs :
pour diminuer la tension artérielle

effluvium télogène

Anti-inflammatoires à la colchicine :
contre les crises de goutte

effluvium télogène

Anti-inflammatoires stéroïdiens (AIS) :
corticoïdes de synthèse

androgénétique

Anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) :
contre la douleur et les rhumatismes

effluvium télogène

Antimitoniques :
chimiothérapies anticancéreuses.
Cf. notre dossier Chimiothérapie et cheveux

effluvium anagène

Antithyroïdiens :
pour réguler la glande thyroïde.
Cf. notre dossier Thyroïde et perte des cheveux

effluvium télogène

Bêtabloquants :
pour bloquer l'action de l'adrénaline

effluvium télogène

Hypocholestérolémiants-Hypolipémiants :
pour abaisser le taux de cholestérol et/ou de triglycérides

effluvium anagène

Interferons alpha :
pour réguler le système immunitaire

effluvium télogène

Lithium :
régulateur de l'humeur

effluvium télogène

Rétinoïdes :
pour soigner les formes graves d'acné, de séborrhée, de psoriasis

effluvium télogène

Sels d'or :
antirhumastimal, pour soigner la polyarthrite

effluvium télogène

Traitements hormonaux de substitution - Homme (THS) :
pour remplacer la testostérone naturelle, en cas d'insuffisance

androgénétique

Autres familles où peuvent se trouver des molécules favorisant une alopécie :
Certains antiarythmiques, antibiotiques, antifongiques, antigonadotropes, antihelminthiques, antimigraineux, antinéoplasiques, antipaludiques, antiparkinsoniens, antirhumatismaux, antiulcéreux, antiviraux, hormones thyroïdiennes (cf. notre dossier Thyroïde et cheveux ), immunomodulateurs, immunosupresseurs, inhibiteurs de l'enzyme de conversion (IEC), neuroleptiques...

 

Liste rouge des médicaments

Pour savoir si le médicament précis que vous prenez peut engendrer une chute de cheveux, reportez-vous à la liste alphabétique ci-dessous. Cette liste n'est pas exhaustive mais comprend la plupart des médicaments, vendus en pharmacie et susceptibles de provoquer une alopécie (elle ne comprend pas les traitements réservés à l'usage hospitalier).

Médicaments de A à K

Médicaments de L à Z



Diagnostic

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